~   Milan Kundera 

Puis ils s’étendirent côte à côte dans le grand lit. Il la regardait. Elle était allongée sur le dos, la tête enfoncée dans l’oreiller, le menton légèrement levé et les yeux fixés au plafond, et, dans cette extrême tension de son corps […], il vit soudain, en un seul instant, toute son essence. Oui, il lui arrivait parfois (c’était des moments miraculeux) de saisir soudain, dans un seul de ses gestes ou de ses mouvements, toute l’histoire de son corps et de son âme. C’étaient des instants de clairvoyance absolue mais aussi d’émotions absolue ; car cette femme l’avait aimé quand il n’était encore rien, elle avait été prête à tout sacrifier pour lui, elle comprenait en aveugle toutes ses pensées […], elle était pour lui le plus proche de tous les êtres humains… Puis il imagina que ce corps adorable, ce visage adorable étaient morts, et il se dit qu’il ne pourrait pas lui survivre un seul jour. Il savait qu’il était capable de la protéger jusqu’à son dernier souffle, qu’il était capable de donner sa vie pour elle. Mais cette sensation d’amour étouffant n’était qu’une faible lueur éphémère, parce que son esprit était occupé tout entier par l’angoisse et l’effroi. Il était étendu à côtés de Kamila, il savait qu’il l’aimait infiniment, mais il était mentalement absent. Il lui caressait le visage, comme s’il la caressait d’une distance incommensurable de plusieurs centaines de kilomètres.

In bed with Milan Kundera. I’ve read this book a billion times, I can’t help it, je l’adore.Bonne nuit my darlings.  

10.07.11 @ 23:226

~   Milan Kundera, The Unbearable Lightness of Being

Milan Kundera

~   Milan Kundera (via atomos)

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